DRC Protection Analysis Update

2026-05-29
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La province de l’Ituri fait face à une crise humanitaire et de protection d’une intensité alarmante, ancrée dans une insécurité persistante caractérisée par la prolifération et l’activisme de multiples groupes armés, notamment les ADF, la CODECO, la coalition CRP/Zaïre. Ces acteurs s’affrontent régulièrement, dans un contexte marqué par des rivalités pour le contrôle territorial et l’accès aux ressources. L’instauration de l’État de siège (2021) s’inscrit comme une réponse à une insécurité déjà profondément enracinée, sans pour autant enrayer les violences qui continuent d’affecter durablement les populations civiles.

À cette dynamique de conflit complexe s’ajoute désormais la résurgence inquiétante de la maladie d’Ebola (MVE) due au virus Bundibugyo, déclarée en mai 2026 et reconnue par l’OMS comme une urgence de santé publique de portée internationale. Pris au piège entre violences armées, déplacements répétés et contraintes sanitaires, les civils sont confrontés à une accumulation de risques qui érodent progressivement leurs capacités de résilience. Les déplacements forcés se multiplient, souvent vers des zones déjà saturées, où les conditions de vie précaires, la promiscuité et l’insuffisance des services essentiels exacerbent les vulnérabilités. Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont particulièrement exposés. Les incidents récents dans les zones affectées, fuite de patients, gestion non sécurisée des dépouilles, attaques contre les structures de santé et défiance envers la riposte, risquent d’accélérer la transmission et d’aggraver les risques de protection. Dans ce contexte, la réduction de l’espace humanitaire constitue un facteur aggravant majeur. L’insécurité persistante, conjuguée aux restrictions liées à la gestion de l’épidémie ainsi qu’aux épisodes de méfiance communautaire entrave l’acheminement de l’aide et la continuité des services de protection et de santé, créant des poches de privation et retardant les interventions vitales. L’affaiblissement des institutions locales, l'absence de mécanismes de protection et de redevabilité efficaces limitent les possibilités de délivrance d’assistance vitale.

Les principaux risques de protection auxquels font face les populations dans ces territoires s’articulent autour de :
1. Attaques contre des civils et attaques contre des biens de caractère civil (dont infrastructures de santé)
2. Violence basée sur le genre (VBG), y compris exploitation et abus sexuels (EAS)
3. Entraves / restrictions illégales à la liberté de circulation et déplacement forcé
4. Discrimination et stigmatisation, refus de services et/ou d’accès à l’aide
5.Désinformation et refus d’accès à l’information