La présence de groupes armés continue d’entraîner des répercussions sur l’environnement de protection des civils, notamment à travers des attaques et risques d’attaques des villes, village, écoles et marchés, de perturbation des services essentiels, de recrutement d’enfants, d’extorsion et de mouvements ou contrôles irréguliers dans certaines zones.
Dans ce contexte, l ’intensification des affrontements et des opérations de sécurisation dans plusieurs localités du territoire, contribue à un environnement sécuritaire volatil, susceptible d’accroître l’exposition des populations civiles aux risques diverses de protection, de déplacement et de représailles. Par ailleurs, l’utilisation d’engins explosifs par les acteurs armés demeure une source importante de préoccupation pour la protection des civils, en raison du risque d’explosion et de victimes, notamment dans les zones affectées par la présence de ces dispositifs.
Les violations et menaces rapportées aggravent la vulnérabilité des populations, déjà affectées par plus d’une décennie de conflit armé. L’insécurité persistante sur certains axes routiers perturbe les activités socio-économiques, notamment la tenue des foires hebdomadaires et l’approvisionnement des localités en biens de première nécessité. Par ailleurs, les prélèvements de type « zakat » imposés par les groupes armés sur les productions agricoles et le bétail accentuent la précarité économique des ménages. Ces facteurs alimentent un climat d’insécurité et de peur au sein des communautés, entraînant des déplacements de population à la recherche de conditions plus sûres. Toutefois, les restrictions de mouvement imposées par les groupes armés rendent ces déplacements particulièrement risqués.
Les abus psychologiques ressortent, pour ce premier semestre, comme le dénominateur commun observé par les acteurs de protection dans l’ensemble des localités et résultant des cinq risques priorisés qui font l’objet d’une analyse spécifique dans cette note :
1. Attaques contre des civils et des biens à caractère civil et autres homicides illégaux ;
2. Violence basée sur le genre ;
3. Recrutement forcé et association d’enfants dans des forces et groupes armés ;
4. Entraves ou restrictions illégales à la liberté de circulation, siège et déplacement forcé ;
5. Vol, extorsion, expulsion forcée et destruction de biens.
Au-delà de ces risques, deux autres risques sont apparus prééminents à la suite des attaques du 25 et du 26 avril dans la périphérie de la capitale Bamako, ainsi que dans plusieurs villes du pays (notamment Kidal, Mopti, Gao, Ménaka, Kati). Il s’agit notamment des mutilations et blessures graves dues aux engins explosifs et de la désinformationi. 20 cercles répartis entre cinq régions sont les plus exposés aux risques de protection.